Le Kinopoly : Monopoly à Kinshasa

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Alors voilà : il y a quelques semaines, je suis retombé quatre ans en arrière. Ca m’arrive plus fréquemment que je voudrais, en partie parce que je cuisine mes souvenirs avec un édulcorant au goût de miel et d’eau de rose. Si tu te demandes quel goût ça a, regarde un clip de pop libanaise sur MTV Middle East.

Bref.

Il y a quatre ans, nous étions chez G., à Kinshasa, dans une parcelle qui ressemblait furieusement à une succursale de la MONUSCO. Je ne foutais plus rien. Mon job chez Magic Tree Productions et ma ‘consultance’ chez le PNUD venaient de se terminer, et les bières devant nous aussi.

Je sais plus exactement pourquoi mais les cadavres de Primus nous avaient conduit à parler de jeux de société. S* avait peut-être évoqué notre amour incommensurable du Scrabble et la conversation avait sans doute titubé vers l’éventuelle création d’un Monopoly de Kinshasa.

Comme j’avais plus rien à faire, et que j’avais appris à maîtriser Illustrator pendant mes deux premiers jobs, je me suis dit que j’allais le faire. C’est comme ça qu’a été créé le Kinopoly.

J’ai d’abord créé le plateau, en essayant de suivre une logique de parcours qui te conduit du bout de la ville de Kinshasa (le port de Kinkole) jusqu’au Boulevard du 30-Juin, en passant par des lieux qui me semblaient emblématiques de la capitale à l’époque.

Je me suis attelé ensuite aux cartes « Chance » et « Caisse de Communauté », en m’appuyant sur les expériences de notre vie kinoise. C’était souvent méchant envers les roulages, les sociétés publiques, ça reflétait les doutes que j’avais vis-a-vis de la capitale congolaise.

Enfin les billets, en récupérant des photos des « Chefs d’Etat » qui se sont succédés à la tête du pays. Léopold 2 coûte dix balles, comme tu t’en doutes. Pour les prix, je crois que j’ai simplement divisé les montants de la vieille version française par cinq. J’ai dû faire les règles du jeu, mais j’ai perdu le fichier dans les limbes des internets.

Je faisais imprimer ça chez Dynaprint, à côté du supermarché Régal sur le boulevard du 30-Juin, pour quelque chose comme 25 dollars. Pour les pièces (maisons, hôtels, dés, symboles des joueurs), ça nous coûtait un peu plus : on les faisait fabriquer par des artisans locaux, ceux qui sont au « Surcouf », pour 35 dollars.

Je suis maintenant à Amman, en Jordanie, depuis quelques jours. Kinshasa se résume à des souvenirs dans un disque dur, qui me ramènent à quatre années de bonheur dans ma tête.

J’espère qu’il en sera de même ici.

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BILLETS